http://capbrevet.net/docs/brevet2/2008_sujet_francais_metropole.pdf

1- La scène se déroule « à la récréation de quatre heures » (l.1), « dans un coin de la cour » (l.2), « une après-midi » (l.1).

2 - « Je me souviens encore du singulier effet que me produisit cette menace ». (l.32-33)/

a) « souviens » = présent de l'indicatif.
« produisit » = passé simple de l'indicatif

b) La valeur des temps c'est la raison pour laquelle on a employé ce temps là dans cette phrase-là.

Valeurs du présent.
1 – Présent d'énonciation.
2 – Action qui se répète dans le présent : présent d'habitude.
3 – Présent de vérité générale : c'est présenté comme étant toujours vrai.
4 – Présent de narration : on peut raconter une histoire (même passée) au présent.

Valeur du passé simple : action de premier plan dans un récit au passé.

b)Ici, le présent de l'indicatif de « souviens » a comme valeur présent d'énonciation.
Le passé simple de « produisit » a comme valeur « action de premier plan » dans un récit au passé.

c) Le verbe "souviens" renvoie à l'âge adulte (au moment où il écrit).

Le verbe "se produisit" renvoie à l'époque où il est jeune, où il est élève.

3. Lignes 18-19 : "Il m'initia... confiance."

a) Dans le contexte "initier" signifie "révéler des informations secrètes à une personne choisie".
b) La figure utilisée dans cette phrase est une comparaison: "comme un conscrit"; le narrateur est comparé à un soldat débutant.
c) Le rapport établi entre les deux personnages est un rapport d'autorité, hiérarchique, celui d'un homme expérimenté face à un débutant.

II - Le grand Michu et le narrateur (5,5 points)

1. Parmi les termes qui servent à décrire Michu, nous pouvons citer les expressions suivantes: "gaillard", "poings énormes", "sa voix grasse de paysan", "le grand Michu" ou encore "yeux gris".

2. Le passage contient deux propositions subordonnées: "qui me frappa d'une certaine crainte" et "que (...) je n'aurais voulu avoir pour ennemi". Ce sont deux propositions subordonnées relatives.

3. Le sentiment éprouvé par le narrateur face à Michu est la crainte. Celle-ci conduit le jeune garçon au respect.

4. Le narrateur se sent valorisé, heureux d'appartenir aux initiés; deux expressions le montrent: "sensation délicieuse", "joies cuisantes".

5. Lignes 32-33 : "Je me souviens encore du singulier effet que me produisit cette menace. Elle
me donna un courage énorme."

a) "Singulier" dans la phrase signifie "étonnant". Il n'avait pas encore ressenti cet effet.
b) La menace au lieu de l'apeurer, lui donne au contraire du courage. C'est apparemment contradictoire.

III - Un sujet bien mystérieux (4,5 points)

1. Ligne 7 : "Veux-tu en être ?"
a) "En" est un pronom adverbial.
b) Il représente l'expression "de quelque chose", "de la partie".

2. Le caractère mystérieux du projet est exprimé par des expressions comme "me prit à part" qui montre que le projet est secret, "complot", "un secret à garder", "nouveau rôle de complice", ou encore "me compromettre".

3. Lignes 33 à 35 : "Bast ! me disais-je...Michu !"

a) Les propos sont rapportés au discours direct. Ils livrent les pensées du narrateur.
b) Les propos montrent que le narrateur est déterminé à suivre Michu dans ses projets de révolte, qu'il ne le trahira sous aucun prétexte.

4. Cet épisode montre à quel point le narrateur prend confiance en lui car il se sent valorisé, important. Mais le projet le fait basculer du côté de la révolte et de la force.

REECRITURE (4 points)

Aussi pendant que les deux garçons parlent, suis-je en état d'admiration devant eux. Ils m'initient d'un ton un peu rude, comme un conscrit dans l'énergie duquel on a une médiocre confiance. Cependant, le frémissement d'aise, l'air d'extase enthousiaste que je dois avoir en les écoutant finissent par leur donner une meilleure opinion de moi.